Rodin
inventa la sculpture moderne. C'était un assembleur. Il avait un
immense atelier où il fabriquait et entreposait toutes les parties de
ses futures compositions. Il pouvait aussi choisir une main, un torse et
les considérer comme achevés. Ils créait ces détails qui par son génie
devenaient des sculptures à part entière : "Un torse bien fait
contient toute la vie". Mais tout autant, son siècle industrieux
lui demandant de produire, il fabriquait des séries pour les assembler.
Parfois des éléments manquaient, ainsi certains personnages comme ceux
de la "porte des enfers", ne possèdent que des mains
droites...
D'autres oeuvres de Rodin sont des exemples significatifs de la synergie de l'assemblage. Il y avait un torse pour le St. Jean-Baptiste dont la commande fut abandonnée. Dans l'atelier restait une paire de jambes. Rodin en fit "L'homme qui marche". Je n'ai pas encore eu l'occasion de photographier cette étonnante sculpture, et j'admets qu'elle serait difficile. Albert Lemoine |